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Comme souvent dans mes déplacements, j’utilise BlaBlaCar, un véritable lieu d’échanges avec des personnes passionnées par leur métier ou leur hobby. Pascal, mon conducteur du jour, demeure aux Ponts-de-Cé. Passionné par la photographie, il prend de nombreux clichés, notamment le long de l’Authion, un parcours que je connais bien. Sans le savoir, peut-être nous sommes-nous croisés lors d’une de mes marches ? Le temps passa vite lorsqu’il me dépose à la sortie de Thouars. Il est 10 h 30. Mon projet du jour est de dépasser Saint-Généroux situé à une quinzaine de kilomètres, trop proche à mon goût pour cette reprise. Ayant pris ma tente, je dispose d’une liberté dans mes choix.
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Très vite, je trouve le marquage du GR36 le long du Thouet en direction de Missé où se trouve le centre d’accueil Le Châtelier. Je ne m’y arrêterais pas, pour cause. Le chemin de halage est bien ombragé, c’est donc avec plaisir que je m’arrête parfois pour écouter l’eau s’écouler sur de mini-barrages où le chant des oiseaux heureux de vivre dans cet endroit privilégié. De temps à autre passent des cyclistes.
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Je traverse le village, et entreprends une belle montée courte, mais bien raide sous le soleil qui tape déjà de toute sa force. En me voyant déjà essoufflé, deux dames à vélo entamant la descente me souhaitent bon courage. Sur le plateau, la petite route traverse une forêt puis des prés où sont installées des zones grillagées. Cela me questionne. C’est alors que j’entends et vois de nombreux volatiles paillant courir en tous sens. Ce ne sont ni des poules ni des canards ! C’est la première fois que je vois un tel élevage, car il s’agit bien de cela.
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Continuant mon chemin, je décide de suivre la piste cyclable plutôt que la route départementale. J’y suis plus à l’aise. Après une descente raide, l’endroit est vallonné dans cette région, je traverse Maulais en contrebas et son pont sur un bras du Thouet. Je suis ce chemin jusqu’à Ligaine en passant par Auboué. De fait, je ne passe pas près du dolmen de la Pierre Levée qui se trouve au nord du hameau.
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Retrouvant Le Thouet, je découvre une œuvre artistique réalisée par Hugues Reip faisant partie d’une trilogie intitulée Ricochets inaugurée en 2022. Comme le dit l’artiste : « Le caillou et l’eau furent à l’origine de mon projet. Le geste, celui du ricochet. Selon la définition du Littré, le ricochet est une suite d’événements amenés les uns par les autres. J’ai donc décidé de fédérer les trois lieux par la grâce rebondissante d’un petit galet suivant le cours d’une rivière… »
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J’apprends à cette occasion que je découvrirais lors de mon parcours deux autres œuvres en suivant cette rivière. Celle-ci est la finalité de la série, comme étant le réceptacle de la dernière course du galet qui reposera sur une onde en bronze fixée sur le rocher. Autour, des animaux de bronze représentent l’écosystème local avec une loutre, une couleuvre, une abeille, un gardon, un crapaud et un martin-pêcheur… La variété du règne animal. « Est-ce le caillou qui sillonna le ciel des origines, percutant la Terre et apportant la vie ? » s’interroge l’artiste.
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Après ce bon moment poétique, je reprends ma marche vers Saint-Généroux où se trouve une aire naturelle de camping, située non loin du pont médiéval, mise à la disposition des randonneurs et cyclistes. Une bien belle idée, même si je ne m’y arrête pas. En cours de route, j’ai trouvé un robinet situé près d’une station d’eau qui me permit de recharger ma gourde d’eau fraîche. Nouvelle bonne idée en ces périodes de chaleur.
Le nom de Saint-Généroux (en latin Generosus) provient de celui d’un moine poitevin du VIe siècle devenu abbé de Saint-Jouin-de-Marnes. L’église prieurale fut rebâtie au Xe siècle et remaniée au XIIe siècle. C’est l’une des plus anciennes du Poitou, classée par les monuments historiques en 1846. Je ressens beaucoup d’émotions en la visitant.
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Il me reste moins de dix kilomètres pour rejoindre le camping d’Airvault. Reprenant le chemin de halage, je traverse Le Thouet un peu plus loin sur un pont de bois. Puis, après quelques centaines de mètres, je le retraverse par le gué du Prélioux pour arriver au hameau d’Argentine. Pourquoi ce nom ? Il s’agit d’un ruisseau situé en amont qui se jette dans le Thouet. Son nom, dérivé du celte argento, fait référence à un ancien gisement argentifère qui servait à décorer les poteries anciennes. De sa source partait un aqueduc souterrain de huit kilomètres qui alimentait une villa gallo-romaine à Auboué, un village traversé quelques heures plus tôt.
Après la traversée d’Argentine, une belle grimpette sur un chemin herbeux m’amène sur un plateau de culture. Ici, il n’y a plus d’ombre. Cela va durer deux, voire trois kilomètres. Je suis un peu inquiet, car s’il fait chaud, le ciel se couvre de nuages noirs et le tonnerre commence à se faire entendre. Cela dure un quart d’heure, puis revient à une meilleure situation.
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J’arrive à Piogé, et prends la direction de son château médiéval resté dans son jus. Devenu une propriété privée, il se dresse au sommet d’un promontoire escarpé dominant La Cendronne, un affluent du Thouet. La forteresse initiale, détruite au XIIe siècle par Philippe Auguste lors de sa conquête de la région, fut reconstruite au XIVe siècle, puis a subi des modifications au fil du temps. Il est inscrit aux Monuments historiques depuis 1995.
Le ciel gronde maintenant, la pluie fait son apparition. Après quelques détours dus au trajet, j’arrive au camping de Courte Vallée tenu par des Britanniques. Il n’y a personne à l’accueil. Après un coup de fil au propriétaire, j’installe ma tente.
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C’est alors qu’arrive une famille avec trois enfants à bicyclette, très étonnée de voir un pèlerin se rendant vers Compostelle, de passage sur cette voie des Plantagenêts. Nous faisons plus ample connaissance autour d’une bouteille de muscat. Très catholiques, nos conversations sont franches et sans détours. Au moment du dîner, je m’éloigne pour prendre mon repas au bar du camping. Je découvre qu’ils ne font aucune cuisine. Après avoir bu une petite bière, je retourne à ma tente et mange des fruits. Un peu de régime ne peut pas me faire de mal.
Alors que je me suis allongé dans la tente, l’un des enfants vient me dire que son père a gardé des pâtes pour moi. J’hésite, puis j’accepte de venir manger. C’est parfois ainsi sur le Chemin. Quand une personne vous propose un partage de tout cœur, il faut savoir l’accepter. Nous continuons notre conversation sur la religion alors que les enfants sont partis laver la vaisselle.
Ils devaient s’arrêter initialement à Saint-Généroux (aire naturelle). Au dernier moment, ils ont changé d’avis pour venir ici. Hasard ? Je crois que souvent, nous rencontrons les personnes que nous devons croiser à ce moment-là.
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