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Comme d’habitude pour un marcheur en autonomie : lever très tôt, douche, pliage de la tente… Quant au petit-déjeuner, on verra en cours de route… Fatigué, j’ai décidé ce matin de marcher plus lentement. L’étape d’hier, particulièrement riche en émotions et pour les yeux a laissé des traces. Marcher 35 km sous la chaleur, c’est trop avec un sac chargé et le port de la tente… Mais bon, Parthenay est d’une telle richesse…Pour la première fois depuis trois étapes, je quitte La Thouet qui m’a accompagné depuis Saint-Martin-de-Sanzay avant d’alimenter la Loire près de Saumur.
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Ma première tâche matinale est de trouver de quoi me restaurer, et de prendre un bon café avant d’entreprendre ma marche. Ce sera fait un kilomètre plus loin dans une boulangerie où je me restaure, et me procure mon sandwich du jour.
En suivant le balisage, je quitte la route à grande circulation pour passer devant l’église Saint-Pierre décrite hier. Elle est fermée, je prends de nouvelles photos. Celles-ci sont importantes à mes yeux pour servir de fil rouge lorsque l’on rédige des carnets de voyage. Comme l’indique la borne située devant, nous nous trouvons à 1489 km de Santiago en passant par le Camino Frances. Environ deux mois de marche, moins d’un mois à vélo.
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La figure d’Aimery Picaud me turlupine. Comment ce moine, par nature attaché à un monastère, pouvait-il se déplacer aussi souvent ? Un moine dont personne ne connaît la réelle destinée, et qui pourtant, a tant fait et écrit pour transmettre sa recherche aux générations futures. Parlant de lui à des amis, l’un d’eux me demanda pourquoi l’Église catholique ne l’avait pas reconnu comme Bienheureux, voire comme Saint. Que répondre sinon qu’il devait être un de ces hommes de l’ombre qui a rempli sa mission sans chercher le moindre honneur ? Il y a un mystère Aimery Picaud ! À moins que, comme Raoul Graber[1] en Bourgogne, était-il un homme libre, un trublion à la vie mouvementée dérangeant pour sa hiérarchie monastique ? Je me sens en harmonie avec ces deux figures hors du commun.
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Un petit chemin pierreux et herbeux m’amène en quelques encablures au gué du Rézard, sur la Viette. Dans ce cadre verdoyant, cette pierrée de grandes dalles posées dans l’eau forme un petit pont serpentant entre les arbres. Il faut se montrer prudent, certaines pierres mouillées sont glissantes. La suite est une succession de chemins pierreux, de pistes herbeuses arborées avec quelques passages sur des petites routes bitumées. Personne à l’horizon, hormis une famille faisant son jogging. Le soleil est très présent, j’apprécie donc ces passages arborés.
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Un peu en avant du hameau de Chambord, à une dizaine de kilomètres de mon point de chute du soir, je sollicite une habitante pour remplir ma gourde d’eau fraîche. Elle l’accepte, me proposant même de boire une bière sans alcool. Assis chez eux, je passe une bonne demi-heure à échanger sur mon cheminement. Je ne suis pas le premier marcheur qui s’arrête pour la même raison… L’homme me conseille de suivre la route départementale qui m’amènerait directement à Saint-Marc-la-Lande. En fait, j’ai suivi le balisage par une grande descente m’amenant à traverser la rivière l’Autise en mouillant mes chaussures. Remontant de l’autre côté, ce fut pénible. Deux kilomètres plus loin, c’est l’arrivée à Saint-Marc.
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Le village abrite deux joyaux, une collégiale et une ancienne commanderie. Cette dernière apparaît en 1260 sous le vocable Saint Antoine de la Lande du fait de l’arrivée des chanoines de l’Ordre hospitalier de Saint Antoine. Celui-ci était spécialisé dans le soin du Mal des Ardents ou Feu Saint Antoine. Provoquée par l’ergot du seigle, cette maladie fit des ravages terribles au Moyen Âge. La commanderie abritait un Hospital, et accueillait les pauvres et les passants, dont les pèlerins vers Compostelle.
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La construction de la collégiale date du début du XVIe siècle, remplaçant sûrement un autre lieu de culte. Sa façade gothique flamboyant est d’une grande richesse. Ce groupe cultuel souffrit des guerres de Religion puis de la Révolution française en devenant une propriété privée. Ce n’est qu’en 1844 que la collégiale retrouve sa fonction cultuelle. Elle ne fut classée Monument historique qu’en 1989. En échangeant avec une habitante des lieux, elle indiqua la présence d’une statue de moine lisant son bréviaire tout en haut de l’église ? Je ne l’ai pas vue. Lors de la rédaction de cet article, j’ai cherché cette trace, et trouvé cette image sur un site internet de promotion touristique de la région. Merci. Peut-être que vous, en scrutant avec des jumelles, vous serez ému de la découvrir ! Je la trouve top et symbolique !
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Il est temps de reprendre ma marche à la recherche de l’aire naturelle mise à disposition des randonneurs pédestres et cyclistes par la municipalité. Une aire naturelle est un lieu nu, sans les services disponibles dans les campings. Ici, il s’agit d’un ancien jardin entouré de murs, avec quelques arbres fruitiers. Les toilettes sont celles utilisées par le public se trouvant sur la place de la Justice un peu excentrée. La douche qui nous est réservée se trouve au même endroit, accessible par une clé. Je trouve l’endroit très agréable, avec des tables et des chaises. Un hospitalier est passé pour nous demander si nous avions besoin de quelque chose. Bel accueil.
Je suis le premier à m’installer, suivi une heure plus tard par deux cyclistes angevins et un cycliste espagnol. Enfin, un peu de monde. C’est l’occasion d’échanges sur nos pratiques, mais aussi sur les richesses rencontrées.
Ayant vu le panneau d’indication de la présence d’une rivière souterraine, je m’y suis rendu par curiosité. Hélas, elle n’est pas accessible à cette heure-ci, fermée par une grille.
[1] Raoul Graber (980-1050 ?), moine chroniqueur bourguignon. Témoin de son temps, il décrit dans ses Historae la pensée monastique de son temps et l’histoire de Guillaume de Volpiano, un maître d’œuvre clunisien du Moyen-Âge. Mon premier ouvrage, Le Maître de l’œuvre, lui fait référence.
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