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Neuf jours après avoir terminé mon parcours sur la voie de Tours avec Gurval, et m’être fait soigner le dos (problème musculaire), me voilà reparti sur la voie des Plantagenêts en espérant ne pas rencontrer trop la canicule qui sévit de nouveau. J’aime le soleil, mais pas trop… Pour cela, je rejoins Les Ponts-de-Cé en bus urbain et traverse la Loire sur le grand pont en direction de Saint-Maurille. Sur celui-ci trône la statue de Dumnacus, un héros gaulois.
La guerre des Gaules ne précise pas où l’armée romaine maîtrisa la révolte conduite par Dumnacus, ou Dumnac, chef des Andécaves (Angevins), un an après Alésia. Selon une légende datant de la Renaissance, ce chef gaulois aurait surpris et empêché le graveur de terminer d’écrire le nom de l’empereur en entier, expliquant ainsi l’étymologie des Ponts-de-Cé(sar). En fait, son origine provient du nom d’une villa gallo-romaine.
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En 1846, David d’Angers réalisa une statuette de 79 cm en plâtre (exposée au musée d’Angers dans la galerie éponyme). Le sculpteur rêvait de voir une statue colossale du héros sur les rives du fleuve. Voici ce qu’il exprimait : « Je ne voudrais pas me reposer avant d’avoir vu la statue de Dumnacus se dresser sur les bords de Loire, comme pour défier l’ombre des anciens Romains qui dorment au camp de César ». Son vœu s’est réalisé en 1887, après sa mort (1856), lorsque l’une de ses statuettes ornant le socle du monument du roi René servit de modèle à l’un de ses élèves, Hubert-Louis Noël. Il fit inscrire sur le socle de la statue la volonté du célèbre sculpteur.
Détruite par un bombardement du pont le 9 août 1944, la statue fut remplacée par une nouvelle œuvre réalisée par le sculpteur angevin Guilleux inaugurée le 20 juin 1954. Sur son socle, on peut lire l’inscription : « À la mémoire des combattants et résistants ayant participé aux combats de 1940 et 1944 ».
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Me voilà à Saint-Maurille après avoir franchi le pont sur le Louet. Qui est donc ce saint méconnu ?
Disciple de Saint Martin et de Saint Ambroise, il naquit à Milan vers l’an 336 dans une riche famille romaine. Il devint d’abord le disciple de Martin revenu dans son pays natal pour combattre l’arianisme. Chassé, Martin se retira dans la solitude, près de Milan. C’est là que pendant deux années, Maurille suivit ses leçons et s’inspira de son exemple. Vers 360, Martin revint à Poitiers pour fonder l’abbaye de Ligugé.
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Ambroise, devenu évêque de Milan en 374, continua sa formation. À la mort de son père, il quitta Milan pour rejoindre Martin devenu évêque de Tours en 371. Il lui conféra les ordres sacrés, et l’envoya évangéliser le pays des Andécaves. S’installant à Calonna, un village où se trouvaient un collège druidique et un temple païen, selon Saint Mainboeuf (évêque d’Angers au VIIe siècle), il fit de nombreuses conversions. Il obtint même du Seigneur que le feu du ciel réduise en cendres le temple païen. Sur les ruines, il construisit une église autour de laquelle se groupèrent ses fidèles. Il fonda un monastère aux Malpavés, sur la commune actuelle de Chalonnes-sur-Loire (il existe encore une rue de l’abbaye). Saint Mainboeuf parle de ses nombreux miracles de guérison.
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Suivant l’excellent balisage, j’entame une marche sympathique sur un chemin de terre traversant une forêt en suivant l’autoroute A87, passant sous son pont avant de suivre des petites routes en direction de Brissac-Quincé. Au bout de 11 km, j’atteins mon but. Il fait déjà très chaud, je fais un arrêt-boisson fraîche. Direction le château que j’observe de loin. Ce n’est pas trop ma tasse de thé. T outefois, quelques infos sur le château des ducs de Brissac, considéré comme le plus haut de France avec ses 7 étages et ses 204 pièces. Il mérite bien son surnom de « Géant du Val de Loire ». Au Xe siècle, sa vocation est d’abord militaire sous la coupe du célèbre comte d’Anjou Foulques Nerra. Il n’en reste rien. Passons les siècles et ses nombreuses péripéties. Depuis 1502, la seigneurie de Brissac acquise par René de Cossé est restée dans la même famille, exception faite des années révolutionnaires, un passage sans dégâts majeurs.
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Après quelques centaines de mètres, j’emprunte la via Caluso, découvrant au passage un morceau de schiste ardoisier portant la mention : Caluso, Piémont, 941 km. J’apprends ainsi que Brissac-Quincé est jumelé avec cette ville italienne connue pour ses vins et son canal construit par un ancêtre de la famille de Cossé Brissac.
Je poursuis mon chemin en direction des Alleuds, et découvre un petit banc de schiste ardoisier qui est le bienvenu pour boire mes dernières gouttes d’eau. Au village, petite photo de l’ancien prieuré Saint-Aubin. Cet évêque d’Angers du VIe siècle, d’origine bretonne, est très présent en Anjou. N’ayant plus d’eau, je frappe à une porte dans un lotissement. La dame me donne suffisamment d’eau fraîche pour continuer mon chemin. Merci beaucoup.
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Je poursuis sur des chemins agricoles pour aller jusqu’à Luigné, où une famille m’attend ce soir. Je suis avec attention le nouveau balisage, ce parcours étant différent de celui décrit dans la brochure. Située sur l’ancienne voie romaine Angers/Doué-la-Fontaine, la Pierre Couchée a été réhabilitée à l’occasion du bicentenaire de la Révolution. Elle aurait délimité une ancienne seigneurie avant l’abolition des droits féodaux, le 4 août 1789. Dans la paroisse, cette partie de la seigneurie était fortement grevée par les redevances. Après l’abolition, la pierre a été gardée pour témoigner de l’oppression. Il y est écrit « Pierre, tu fus autrefois l’emblème de la Tyrannie, aujourd’hui celui de la Liberté – 1883 ».
Je poursuis sur un chemin longeant la quatre-voies, entendant passer les véhicules. Je me rapproche ainsi de Luigné. À la sortie, je trouve enfin la maison de la famille qui me reçoit ce soir. Louisette et Claude sont des personnes agréables, de mon âge, le courant sympathique s’établit rapidement. Je fais un tour dans leur jardin pour regarder leurs plantations, dont certaines sont issues de graines acquises en provenance d’autres pays. Le jardinage est une de leurs passions. Nous passons une très bonne soirée, en compagnie de leurs deux filles. La chambre est agréable.
Merci à vous quatre qui savaient si bien mettre à l’aise le passant.
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