Hier, j’ai téléphoné à une famille dont les coordonnées m’ont été fournies par notre association jacquaire. Depuis le début de mon parcours, même si j’apprécie la solitude du chemin, les contacts ont été rares. Membres de notre association, Brigitte et Jean-Pierre, deux jacquets, sont prêts à me recevoir. C’est donc sans contrainte que je prends la route vers Chelun.
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Les premiers kilomètres se passent sur le bitume, notamment la longue route départementale traversant la forêt privée de la Guerche. Jadis, elle marquait la frontière entre le duché de Bretagne et le Maine. Une traversée stressante s’il y a du passage de véhicules, avec un faible intérêt, m'obligeant à un aller-et-retour constant entre bitume et bas-côté herbeux à chaque passage de véhicule. J’arrive à Chelun, village-frontière entre l’Ille-et-Vilaine et la Mayenne, ayant parcouru sept kilomètres. Non loin de l’église, une stèle présente une statue de la Vierge à l’enfant. Je n’en sais pas plus.
Direction La Rouaudière, toujours par une petite route bitumée. Depuis quelques kilomètres, je me trouve en Pays-de-Loire. Arrivant devant le bar du pays, j’entends grincer le store. Il va ouvrir, il est 10 h du matin. Premier client, je bois un café allongé le bienvenu sur la terrasse.
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Elle me raconte la légende locale du chêne ayant servi, durant la Révolution, de refuge au prêtre de la paroisse. Pourchassé, il se serait réfugié dans l’arbre, lui sauvant la vie. Dénoncé, repris, il fut emprisonné et fusillé. En 1897, le curé de la paroisse fit creuser le tronc pour y installer une mini-chapelle. Son corps exhumé, une partie de ses ossements se trouverait intégrée dans un des murs de l’église. En 2018, après un violent orage, l'arbre perdit une partie de ses branches situées en hauteur. Des ex-voto sont accrochés au tronc en remerciements des grâces accordées par Notre Dame. « Ce lieu, selon mon interlocutrice, serait apprécié des marcheurs se rendant vers le Mont et Compostelle. » En fait, j’ai dû la dépasser sans rien voir.
Je reprends mon cheminement vers Senonnes, m’arrêtant à l’entrée du village pour manger un morceau sur le coin de pique-nique. En repartant, je passe devant l'imposant château classé monument historique depuis 1988. Près du cimetière, je découvre une grotte reconstituée supportant une croix christique et deux personnages peints en prière. Ayant effectué des recherches, je n’ai trouvé aucune explication à cette présence.
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À la sortie du village se trouve l’hippodrome de Senonnes-Pouancé, se trouvant à cheval (je n’ai pas fait exprès) entre la Mayenne et le Maine-et-Loire. Il a fêté son centenaire en 2023. De l’autre côté de la rue, un centre d’entraînement régional d’où sortent plusieurs chevaux et leurs jockeys. De belles pistes herbeuses bien arrosées. Au carrefour trône une sculpture de cheval de près de trois mètres de hauteur prêt à sauter un obstacle. Composé de triangles galvanisés recyclés, elle est traversée par la lumière du soleil. Le village abriterait plus de chevaux que d’habitants (environ 400) ?
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Je me trouve désormais à quelques encablures de Pouancé (faisant partie de la commune nouvelle d’Ombrée d’Anjou) où je retrouverais mon accueil familial de ce soir. Je poursuis le bord de l’hippodrome sur le bitume avant de bifurquer sur un long chemin de terre. Je poursuis ce balisage jusqu’à Saint-Aubin. Longeant l’étang, je continue vers Pouancé pour rejoindre le logis accueillant de ce soir.
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L’accueil est cordial, il est vrai que nous sommes entre jacquets, faisant partie de la même association jacquaire même si nous nous découvrons. Il est vrai qu’il y a peu de temps que j’en fait partie. Cela facilite les rapports. Nous avons de beaux échanges, mes premiers importants sur cette voie. Nous parlons du chemin bien sûr, mais aussi de jardinage où je suis néophyte. Le partage sympathique du repas du soir clôt cette journée éprouvante avec la chaleur. Je n’ai quasiment rien vu de Pouancé, je me promets d’y revenir avec ma belle. J’ai hâte d’aller me reposer, demain chacun de nous doit partir demain vers 7 h.
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