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Après une longue nuit et un solide petit-déjeuner, il est temps de repartir pour continuer mon cheminement. Rejoindre la piste, c’est tout droit. Il faut croire que je ne suis pas complètement réveillé. Au moment où j’allais me tromper en suivant le bitume, Brigitte et Jean-Pierre apparaissent en voiture et me remettent sur le droit chemin, un terrain herbeux. Merci les amis.
Ce chemin rectiligne au terrain souple est agréable. Après quelques kilomètres, j’arrive à l’intersection de deux chemins : à droite, la variante de Clisson, mon parcours vers Misengrain tout droit. Ce très beau travail d’artiste est réalisé sur un bloc d’ardoise offerte en 2014 par la société des ardoisiers de Trélazé. La gravure fut offerte par les jacquets d’Anjou.
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Je continue mon chemin pour rejoindre Grugé-l’Hôpital. Je passe devant l’église Saint-Jean de l'Hôpital, une ancienne chapelle de templiers construite au XIIe siècle. Le toit emporté par une tempête en 1957, elle fut en partie démantelée en 1963. Seule une ouverture à double meneaux qui éclairait le chœur de l'édifice subsiste sur le mur du chevet. Les anciens fonts baptismaux de la fin du XIIIe siècle, décorés de deux Croix de Malte et d’une croix grecque gravées, ont été sauvegardés et conservés. La cuve est portée sur trois colonnettes à chapiteaux sculptés.
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Un moment d’histoire
En 1940, les Allemands ont envahi notre pays. Le 26 juin, le capitaine Philippe de Hautecloque rejoint sa sœur au château de Champiré, tout proche. Avant d'y parvenir, blessé, il a été arrêté et s’est évadé à deux reprises. Sans papier, mais déterminé, il veut rejoindre le général De Gaulle à Londres. Son seul espoir : trouver des papiers d'identité pour circuler librement. Son salut viendra du curé et du maire. Sous le nom de Philippe Leclerc, il lui fournisse les précieux documents faisant de lui un respectable négociant en vins qui voyage à bicyclette. Il traverse la France, l’Espagne et le Portugal avant de rejoindre Londres. La suite, nous la connaissons par la grande histoire en devenant le maréchal Leclerc de Hautecloque.
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Continuant mon périple, je traverse Misengrain et rejoint la Mine bleue. Je n’y reste qu’une petite demi-heure, sans faire la visite, mais en profitant de l’ombre pour manger une part de mon sandwich.
Autre moment d’histoire
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Son histoire débute en 1916, à l’époque où l’exploitation de l’ardoise était toujours vivace. Son exploitation eut une courte durée : de 1921 à 1936, étant fermée à la suite de la faillite de son propriétaire, la banque Bougère Fils et Pousset d’Angers. En 1959, la mine inondée entre-temps d’eau est dénoyée, laissant apparaître le bon état du fond et l’intérêt des réserves de schiste. Toutefois, la conjoncture ne permet pas sa réouverture. En 1987/88, des études de faisabilité, technique et de marché sont faites en vue d’une reconversion touristique. Elle aura lieu en 1991, avec la volonté de faire perdurer la mémoire et de conserver le patrimoine. De nos jours, il est possible de descendre à 126 mètres de profondeur pour parcourir ces galeries (en partie en petit train) et de vivre l’excellente visite guidée de près de 90 minutes, suivie d’une démonstration de fente d’ardoise.
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Il est temps de repartir en traversant le hameau de la Gâtelière, un ancien village de perreyeurs/ardoisiers en cul de sac, qui nous amène près d’un élevage de porc de races rustiques dénommée La Prévôté. Celle-ci serait une ancienne gendarmerie, les militaires ayant comme mission de traquer les faux sauniers. La route bitumée en descente fait place à un long chemin de terre. A l’intersection, cette belle stèle indiquant que les propriétaires anglais peuvent nous accueillir en chambre d’hôtes. Trop onéreux pour moi.
En fait, j’avais décidé hier soir de m’arrêter à Nyoiseau, chez Jean-Marc et son épouse.
Quelques kilomètres plus loin, j’arrive chez mes hospitaliers du soir, qui résident dans une grande maison bourgeoise près de l’église. J’y suis reçu par une famille très affable, qui m’invite à partager qu’ils n’ont pas encore pris, revenant de leurs activités du jour. Je vais donc grignoter avec eux, tout en échangeant notamment sur la religion catholique.
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Jean-Marc, retraité de l’Éducation nationale, est très engagé, notamment comme président de l’association de sauvegarde de l’église Saint-Pierre du village, et comme catéchèse. Il organise notamment des concerts au profit de l’association.
Après une bonne douche bien fraîche, et une sieste méritée, nous nous revoyons le soir pour partager un dîner consistant. Nos conversations sont très riches, sur des sujets très divers, souvent proches de leurs engagements religieux.
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J’apprends notamment l’existence des restes d’une ancienne abbaye rachetée par des mécènes, qui bénéficie d'aides à la rénovation de la Mission du patrimoine de Stéphane Bern. C'est en 1109 que l’ermite Salomon, disciple de Robert d’Arbrissel, fondateur de l’ordre de Fontevraud, crée un couvent féminin, l’Abbaye Notre-Dame. Comme beaucoup de lieux religieux, l’abbaye, est fermée et vendue en 1792, puis incendiée en 1794. La plus grande partie a disparu, seuls quelques bâtiments édifiées à partir du XVIIe subsistent aujourd’hui. Il s’agit du logis des aumôniers (1647), la grange ou grenier neuf (1673) avec des éléments médiévaux…
Assez tard, je vais me reposer dans l’immense chambre mise à ma disposition, sous les toits. Une belle rencontre.
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