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Bonne nuit reposante, petit déjeuner pris en commun avec Jean-Marc. Nous parlons des richesses du village dans lequel il est très impliqué, me faisant consulter des écrits très documentés de Pierre Suteau, un historien local. Il est temps de partir, d’autant que la journée s’allonge chaude.
Je reprends mon parcours, passant devant le collège de Notre-Dame d’Orveau. J’avais téléphoné au Frère Romuald pour y faire halte, il ne m’a jamais rappelé. Cet établissement d’éducation créé en 1912 accueille de nos jours environ 400 élèves. Durant la Seconde guerre mondiale, il cacha de nombreux enfants juifs.
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Je continue en passant par des chemins herbeux. L’idéal ! C’est alors que je décide de quitter le tracé officiel contournant Segré-en-Anjou-Bleu pour découvrir la cité. Nous sommes en Anjou bleu : pourquoi ? Pour faire référence aux mines d’ardoises bleutées de cette partie de l’Anjou (d’où la Mine bleue). À Trélazé, nous l’appelons l’Anjou noir pour les mêmes raisons. Je ne suis pas déçu, et prends le temps de boire un café allongé en terrasse. Comme souvent, je me dis que ce serait bien de revenir visiter la ville, notamment l’importante église Sainte-Madeleine rebâtie au XIXe siècle qui la surplombe. Inscrite Monument historique en 2007, elle posséderait une statue de saint Benoit Labre, un pèlerin dans lequel je me reconnais pleinement. Marchant sur la Francigena, j’ai pu visité en 2020 la maison natale de ce vagabond de Dieu né en 1748, à Amettes (Pas-de-Calais).
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La sortie de cette cité se fait par une pente raide jusqu’au l’aire de repos de l’Europe. Direction La Chapelle-sur-l’Oudon en passant devant la croix du Chemin des trois Demoiselles. Réalisée en bois, elle me questionne. Une légende nous raconte « qu'en 1801, trois jeunes filles qui traversaient le bois virent surgir trois fantômes agitant des torches... Elles s'enfuirent vers le bourg proche, et on parla alors du diable ».
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Je traverse le village et me dirige vers l’écluse sur l’Oudon, le temps de manger un petit morceau. Il faut regrimper la pente raide, mais cela vaut la chandelle, je me retrouve sur des chemins souples. Direction Andigné où je m’assois un moment sur les marches de l’église pour me reposer de la montée. Il fait très chaud. Un habitant accepte de remplir ma gourde avec de l’eau fraîche. Merci Monsieur. Je reprends le chemin en suivant la rue de la Main de fer. Bizarre comme nom ! Eh bien non, car peu avant Montreuil-sur-Maine, je découvre une croix portant justement cette main en fonte fixée sur le fût. Pour quelle raison ? les avis divergent : elle indique une direction ? Aurait-elle érigée par une femme à la suite d'une agression ?
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Continuant ma marche, je suis attiré par une flèche blanche indiquant la présence d’une grotte le long de la Mayenne. Je la découvre en effet sur le chemin de halage dénommé le chemin de la grotte. Selon l’Association des Amis de la grotte, en 1898, cinq jeunes filles de la Congrégation des enfants de Marie furent frappées par la beauté du site leur évoquant les rives du Gave à Lourdes. À partir de cette idée, l’abbé Villaume d’abord réticent apporta son concours en louant l’endroit aux propriétaires. En six mois, son aménagement et la création du chemin de Croix furent réalisés. Une pierre, détachée des coteaux de Massabielle à Lourdes fut scellée sur la paroi droite de la grotte. Son inauguration en grande pompe eut lieu le 18 février 1899[1].
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De nos jours, dans ce Lourdes angevin, des messes sont célébrées une fois par mois de mai à septembre, dont celle du 15 août. Un peu plus loin, l’imposante maison éclusière sur la Mayenne.
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Je prends la direction du Lion d’Angers, terme de ma journée de marche. Ce gros bourg de 5 000 habitants est connu mondialement depuis 40 ans pour sa compétition équestre annuelle désignée sous le nom de Mondial du Lion. Comme il n’est pas trop tard, je me dirige vers l’église Saint Martin de Vertou, avec l’espoir qu’elle soit accessible. C’est le cas, et cela me réchauffe le cœur. Je sais par mes lectures que j’y découvrirais de belles fresques.
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Il s’agit de l’ancienne chapelle du prieuré bénédictin datant du XIe siècle. Ses magnifiques peintures murales du XVIe siècle décorent toute la longueur de son mur nord. Classée monument historique en 1908, l’église vit la foudre s’abattre en 1918 sur le clocher, détruisant sa flèche reconstruite en 1997. Revenons aux peintures murales, redécouvertes sous des crépis en 1852.
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La partie qui m’a particulièrement ému est le portement de la Croix de l'humanité souffrante aidant le Christ à porter la croix. Contrairement au classicisme habituel, ce sont le pauvre, le ladre (lépreux), le malade, le prisonnier, le pèlerin, le laboureur, le mendiant, la veuve, l'orphelin, le mal-marié suivi du docteur qui sont représentés selon l'invocation de l'Évangile : Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il se charge de sa croix, et qu'il me suive (Mathieu 16.24). Une merveille qui m’a beaucoup ému. Selon mes sources, cette configuration serait issue d’un poème de 122 vers datant de 1455 attribué au roi René d’Angers ?
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Il n’est pas trop tard, aussi je décide de rentrer chez moi, à Trélazé. Comme il est dimanche, sans transport en commun, je me rends le long de la quatre voies pour faire du stop. Au bout de cinq minutes, un jeune homme me prend en charge et me dépose à la gare Saint-Laud. 40 minutes de bus plus tard, j’arrive à la maison où ma chérie ne m’attendait pas. Belle fin de soirée.
[1] Historique de l’abbé Delaunay, curé, 1973.
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