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coquille

 
    Le jacquet se distingue, dès la première moitié du XIIe siècle, par le port de l'emblématique coquille de Compostelle, dite coquille de Saint-Jacques. Elle figure le principe du mercure dans la symbolique hermétique, qu’on désigne également comme « le Voyageur » ou « le Pèlerin ».

   Ces mollusques à coquille bivalve vivent dans les eaux littorales de la côte galicienne. Selon la tradition consacrée par le tableau de Botticelli, la Naissance de Venus, Venus sortit des eaux debout dans une conque de coquillage géant représentant une coquille Saint-Jacques. La forme de la coquille rappelle celle de la main et les jacquets ont coutume de la ramasser sur la grève du Cap Finisterre pour la coudre à leur chapeau ou à leur pèlerine, en signe du long périple parcouru quand vient l’heure de retourner en son foyer. La coquille représente les deux préceptes de l’Amour auxquels le porteur doit conforter sa vie : aimer son prochain comme soi-même et agir pour les bonnes œuvres comme le symbolise la main ouverte. Ceux qui croient en Dieu y ajouteront l’Amour de leur déité.

   Aucun rituel de pèlerinage ne mentionne la coquille parmi les insignes remis au pèlerin, pour la bonne raison qu'à l'origine le pèlerin devait la ramasser lui-même sur les plages... En fait, pour aller de Saint-Jacques vers la mer, au Cabo Fisterra, il faut trois jours de marche, et certains ne les franchissent pas préférant acheter la coquille peinte dans la cité. Et pourtant, symboliquement, il est bon d’aller jusqu’au bout du voyage, jusqu’au bout de terre au Cap Finisterre pour ramasser cette coquille si cela est possible. Et, comme tout bon pèlerin, brûler quelques vêtements pour ce dire que l’on abandonne son ancienne vie. Vers le renouveau. Et au bout du cheminement, le mer enroulera comme un parchemin

   Au retour du pèlerinage, on doit fixer la coquille dans la maison, ou à l’extérieur, près du lit ou sur la porte des étables, près des ruches ou des abreuvoirs. Dans les champs, elles éloigneraient les mauvaises herbes, les souris et la vermine et libérerait des pouvoirs magiques. Les coquilles immergées dans l’eau et le vin fourniraient une boisson thérapeutique aux malades. Des croyances d’un autre temps.

   Personnellement, par sécurité, j’emmènerai une coquille en provenance de Dijon que je placerai au fond de mon sac, et que je ferais bénir à mon arrivée à Saint-Jacques. Elle aura vécu, vu ma sueur, mon souhait d’arriver à bon port et partagé avec moi ce voyage initiatique. Alain

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