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Publié par Alain Lequien dit Bourguignon La Passion

Vézelay 2012, mon petit-fils Yohan
Vézelay 2012, mon petit-fils Yohan

Partage de mon expérience personnelle, un bilan contrasté

En 2012, j’étais parti de Vézelay avec des chaussures de marche montante. Au bout de 300 km, après de nombreuses ampoules et divers échauffements, je les ai renvoyées chez moi. J’ai opté pour des sandales plus ou moins adaptées (trouvées sur place) pendant 1 600 km. Elles reviendront en lambeaux, mais l’expérience fut probante.

Forts de cela, en 2013 en partant de Dijon, j’ai acquis des sandales Salomon pour 60 euros environ. Hormis quelques passages difficiles et la nécessité de faire sortir de temps à autre des petits cailloux récalcitrants (ils voulaient à tout prix faire aussi leur Camino !), je les ai beaucoup appréciées pendant mes 2 200 km. En 2014, pour mon troisième Camino débutant à Briançon, je suis reparti avec de nouvelles sandales Colombia plus confortables (et plus chères – 90 €). Assez vite, je me suis aperçu que leur utilisation sur les chemins de montagne pluvieux n’était pas adaptée notamment dans des passages pierreux. Elles ont certainement une part de responsabilité dans ma chute au bout de 170 km. Le bilan fut lourd : cheville cassée, ligaments arrachés et autres difficultés médicales notamment dans le dos. Je m’en suis bien tiré, retenu par des arbrisseaux Si j’avais eu des chaussures plus adaptées, aurais-je chuté au risque d’y laisser beaucoup plus que ces aspects médicaux ?

En juillet 2012, un peu trop dégagée
En juillet 2012, un peu trop dégagée

Qu’ai-je retiré de cette expérience et que j’aimerais partager avec vous ?

Vous l’avez compris, je suis fan des sandales ! Mais, pas au point de ne pas prendre en compte qu’à certains moments, elles sont inadaptées.

Parlons un peu des sandales. Halte aux pieds outragés et martyrisés ! La sandale, c’est une véritable libération du pied ! En temps de pluie, elles sèchent en quelques minutes, ce qui n’est pas le cas des chaussures. Quelle différence le matin lorsque l’on repart avec les pieds secs qui ne mijotent pas dans des chaussures encore mouillées. Et puis, mes amis, plus d’ampoules ou d’échauffements, ou rarissimes. Un bienfait, je vous le dis ! Idéales pour marcher sur les chemins faciles menant à Compostelle, et utilisables dans les gites contrairement aux chaussures de marche.

Bien sûr, pour tenir compte des chemins difficiles, descendants et pierreux que l’on rencontre (environ 10%), il faut trouver une autre solution, celle de de porter des chaussures accrochant le terrain et protégeant les chevilles. Alors, quelle solution ?

Le site http://www.randonner-malin.com a édité un guide gratuit que je vous engage à consulter tant il m’apparait sérieux (publicité gratuite bien entendu, nous sommes dans le partage).

Arpenaz 200 Quechua
Arpenaz 200 Quechua

Quel a été mon choix pour mon Camino 2015 ? J’ai opté pour une paire de sandales et une paire de chaussures de trail avec un investissement de 45 euros. Et oui ! Je sais, je suis un peu radin penserez-vous peut-être ? Et non ! Car faire le Chemin, c’est se comporter dans l’humilité. D’ailleurs, volontairement, j’ai limité mon budget moyen à 30 euros journaliers tout compris (logement, nourriture…). Cela ne sert donc à rien de partir avec des chaussures de marque onéreuses pour frimer. Personne sur le Chemin ne regardera vos belles chaussures… On en trouve facilement à des prix modestes chez des commerçants comme Décathlon, Intersport, Go Sport...

Et le poids ? C’est un critère de choix car mètre après mètre, pas après pas (4 millions au minimum prévus en 2015), ce sont des tonnes cumulées qu’il faut porter. Et souvent, les journées sont longues.

Mes nouvelles sandales sont des Arpenaz 200 Quechua à 25 €. Achat obligatoire car l’an dernier, l’une de mes sandales a généreusement accompagné mon bâton de marche au fond du ravin. Ce sont elles que je porterai la majorité du temps en parcours plat ou en léger dénivelé. Sa semelle en caoutchouc recyclé (je suis un peu écologiste), le pare-pierre à l’avant, le prix et la légèreté ont guidé mon choix. Par temps froid (cela arrive), je mettrai des chaussettes basses de randonnées.

Kapteren Discover noir Kalenji
Kapteren Discover noir Kalenji

Pour les chemins où il sera nécessaire d’avoir des chaussures protégeant les chevilles, notamment avec un dénivelé important ou un pierrier, j’ai choisi des chaussures basses légères utilisées généralement pour le trail. Peu onéreuses (20 €), légères (300 gr.), avec des crampons de 3 mm, les Kapteren Discover noir Kalenji feront bien l’affaire.

Très étonnamment, mon choix n’entraine qu'un surpoids porté de 400 grammes pour un résultat très positif. J’emmènerais tout simplement moins de nourriture ou d’eau. Le Chemin de Compostelle, ce n’est quand même pas le désert !

7 petits conseils pour choisir et entretenir vos sandales

  1. Comme pour les chaussures de marche, prendre une taille supérieure à votre pointure habituelle pour accroître la surface de la semelle et préserver le pied. Le pare-pierre est un plus à l’avant.
  2. Chaussette ? Quand il fait chaud, il est plus agréable de marcher sans. Quel bonheur de marcher dans la rosée du matin. Si le temps est plus incertain, porter des chaussettes basses de randonnée fines. En prévoir deux paires dans votre sac.
  3. Lors de votre achat, essayez les deux sandales en privilégiant le confort. Vous devez vous y sentir bien dedans, notamment si vous avez l’un des pieds a une position sur le sol différente de l’autre.
  4. Soyez attentif à la qualité de la semelle et à l’accroche. Vérifiez notamment le crantage en-dessous et éviter les semelles lisses.
  5. Veillez à la qualité des sangles et du réglage pour avoir un serrage simple notamment par scratch. Il faut tenir compte que parfois votre pied peut gonfler.
  6. Entretenez vos sandales. Après un passage pierreux ou sablonneux, n’hésitez pas à les nettoyer à grande eau. Avec une brosse à ongles, enlevez ce qui pourrait s’incruster dans la semelle et qui pourrait ensuite vous faire mal en-dessous les pieds.
  7. Dernier petit conseil évident : ne partez pas avec des chaussures ou sandales neuves. Cassez-les avant.
Ce ne sont pas les miens. Lol !
Ce ne sont pas les miens. Lol !

Ne portez pas de sandales si :

  • Vous n’êtes pas vigilant sur l’hygiène de vos pieds. Cela risque d’empirer.
  • Vous avez la cheville fragile et le pas peu assuré.
  • Vous êtes gêné de marcher dans la boue ou dans l’eau. C’est inévitable sur le Chemin.
  • Vous rêvassez et ne regardez pas où vous mettez les pieds. Les pièges sur les petits chemins de terre ou de montagne sont pour vous.
  • Vous n’aimez pas le bronzage zébré… c’est une question de look…

Avec ces petits conseils, choisissez en toute liberté. Ainsi, c’est déjà être dans votre tête sur le Camino, le Chemin.

Bourguignon la Passion.