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Publié par Alain Lequien dit Bourguignon La Passion

Vers Villapanada.
Vers Villapanada.

Nous étions nombreux ce matin à nous préparer pour reprendre la route vers notre nouvelle étape. Lorsque j’ai voulu récupérer mon linge sur le fil tendu à l’arrière du bâtiment, j’ai eu la mauvaise surprise de constater que mon collant de marche sportive avait disparu. Pris par erreur par un marcheur ? Allez savoir ? Cela me fit enrager envers ces touristes du chemin (je ne veux pas employer un mot plus dédaigneux) qui se comportent comme dans le monde profane et quotidien. Nous sommes censés être sur un chemin de spiritualité, de probité et de bienveillance… pas pour tout le monde…

Palacio de Doriga.
Palacio de Doriga.

Je quitte rapidement ce lieu pour reprendre mon cheminement. Pour cela, il faut retourner arrière et marcher pendant un kilomètre, l’albergue étant située hors du chemin. A la sortie de San Juan, à deux reprises, je me suis trompé de ruelle. Si bien que les personnes parties dix bonnes minutes après moi m’ont retrouvé. Ce fut le cas de Laurent qui se dit étonné de me voir là. En effet, il est parti sur le Chemin pour marcher seulement une vingtaine de kilomètres par jour. Finalement, ce fut une bonne chose puisque nous ne n’aurions peut-être pas cheminé ensemble sans cet incident.

Le blason de Cornellana.
Le blason de Cornellana.

La montée vers l’Alto de El Fresno est assez raide. En forme, je la monte assez rapidement. Au col, nous pourrions aller visiter un sanctuaire du XVIe portant le nom de Partido de los Montes. Mais il est trop tôt, et je continue mon chemin accompagné de Laurent dans une descente assez rapide. Puis, en accord avec lui, j’accélère et m’éloigne seul.

Après Marcelo, c’est Doriga et son palais construit entre le XIVe et le XVIe siècle. Je jette un coup d’œil rapide, mais les palais ne sont pas mon trip. Je préfère les petites chapelles et les ermitages.

Cornellana - monastère en rénovation.
Cornellana - monastère en rénovation.

Après le passage à San Antolin, c’est l’arrivée à Cornellana situé à un peu plus de huit kilomètres de mon point de départ. J’ai envie de me restaurer. Plutôt que d’aller directement au monastère où j’ai dormi lors de mon passage en 2013, je passe en ville pour prendre mon café américain et une part de tortilla. Je suis rejoint par un couple de Portugais avec qui j’échange sur mon futur Camino au Portugal. Puis, je rejoins le monastère situé à quelques centaines de mètres de là.

Cornellana - interieur monastère.
Cornellana - interieur monastère.

Le monastère San Salvador fut fondé en 1024 par l’infante Cristina, fille du roi Bermude II et de la Reine Velasquita. Cristina se retira dans ce couvent à la mort de son mari Ordoño. À sa mort, ses descendants cédèrent le monastère aux moines de Cluny, en 1122, pour y établir un monastère bénédictin. Il fut supprimé en 1835 date à laquelle une usine à beurre s’y installa. Drôle de destinée ! Pendant la guerre civile de 1936, il fut utilisé par les deux camps en conflit comme lieu de ravitaillement mais aussi de prison.

Cornellana - renovation toiture.
Cornellana - renovation toiture.

Des travaux de rénovation ont débuté en 1999. Lors de mon passage, j’ai vu que les toitures sont en restauration. Une bien belle chose de prendre soin de ses monuments.

Je reprends la route pour rejoindre Salas, situé à dix kilomètres de là. Tout commence par une grande côte raide où je peux prendre cette photo du monastère en restauration. En route, j’aperçois sur les hauteurs montagneuses de grands travaux préfigurant le passage d’une autoroute. Ah modernité ! « Tu écorches la terre qui te porte et tu lui fais mal » nous dit un poème traditionnel perse de la période mazdéenne. Même si je comprends qu’il faut désenclaver une région, on pourrait peut-être utiliser des moyens moins destructeurs.

Salas - le palacio.
Salas - le palacio.

C’est maintenant l’arrivée à Salas dont le passé médiéval est surtout représenté par la tour de l’ancien château abritant un hôtel et le musée d’art préroman. Je me suis arrêté dans un café pour manger et gouter les Carajitos del Profesor. Ce sont des bonbons traditionnels fait de noisettes concassées, de sucre et de blanc d’œuf. C’est alors qu’une pèlerine parlant le français me dit « Ton copain est sur la terrasse ». Eh oui, je n’avais pas vu que Laurent était arrivé, fourbu. Nous sommes heureux de nous retrouver et allons passer un petit moment à parler, refaire le monde autour d’une bière. Il va dormir ici. En voyant le prix de la chambre d’hôtel qui, toute fois n’était pas excessif, je décline d’y rester ne voulant pas trop dépenser. J’ai encore un long cheminement à parcourir, et veut rester dans mon budget moyen de 35 euros par jour. Je ne suis qu’un pauvre retraité.

Salas - pont autoroute.
Salas - pont autoroute.

Il est l’heure de repartir malgré le temps incertain. Je remonte le village et me retrouve à suivre une piste empierrée montant à flanc de montagne au milieu des chênes et des châtaigniers. Devenue raide, la montée sous forme de sentier est avalée assez rapidement. La suite du chemin se déroule maintenant sur l’asphalte en passant sous de grandes arches supportant l’autoroute. Il se met à pleuvoir et le vent souffle rendant la température basse. Descentes, montées m’amènent au hameau de Porciles situé non loin du col de La Espina, puis après Bodenaya, au village éponyme du col.

Chemin après Salas.
Chemin après Salas.

Espina était à l’origine un pâturage d’été des vaqueiros transhumants. Au Moyen-âge, c’était un carrefour important puisque qu’un hôpital et une maladrerie dépendant de l’archevêque de Santiago y étaient installés. Je décide de m’arrêter dans ce village de quatre cents habitants et choisis de loger dans l’albergue privée située au-dessus d’une épicerie. Frigorifié, je me suis réfugié sous une couverture et me suis endormi. J’aurais peut-être dû rester à Salas pour me reposer.

La Espina - Albergue.
La Espina - Albergue.

Bientôt, l’albergue se remplit peu à peu avec notamment des gens bruyants. J’y rencontre un travailleur social accompagnant un jeune comme le faisait Vincent. J’ignorais que d’autres pays européens utilisaient les mêmes méthodes pour réinsérer un jeune en difficulté. C’est une bonne chose pour notre Europe commune.

Je vais prendre un repas simple à un café du village et rapidement me réfugier dans mon sac de couchage.

A suivre. Alain dit Bourguignon la Passion.

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