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Publié par Alain Lequien dit Bourguignon La Passion

Le passage d'une écluse.
Le passage d'une écluse.

Comme Jean-Louis, l’hospitalier de Revel, mes accueillants de la Porte de Marie m’ont conseillé de rejoindre Toulouse par le canal du midi. Il est prévu une température autour de 40 degrés dans l’après-midi. Pas question donc de passer outre de ces conseils avisés en prenant le chemin des coteaux par cette chaleur. Il faut savoir être raisonnable… un peu.

En quittant Montferrant...
En quittant Montferrant...

Mais pour l’instant, il faut redescendre de la colline de Montferrand vers Avignonet-Lauragais par un chemin qui passe dans la campagne. Il y a toujours beaucoup de vent, mais il est vrai que c’est une spécialité de cette région du Lauragais. Les vents y sont capricieux. Autrefois, ce vent permettait de faire tourner des moulins pour moudre de multiples céréales. De nos jours, c’est plutôt pour faire tourner des éoliennes produisant de l’électricité.

La tour en poivrier.
La tour en poivrier.

Avignonet est un joli village sympathique sur les hauteurs. J’y découvre cette tour isolée dont la forme en poivrière m’interpelle. Elle fut édifiée en 1610 pour renforcer la défense de la cité. Vers 1850, elle reçoit une statue : peut-être s’agit-il de Simon de Montfort, le vainqueur de la croisade albigeoise ? Un bandit de grand chemin, Michel de Paulo, y fut enfermé vivant jusqu’à ce que mort s’ensuive.

C’est maintenant l’arrivée vers le canal du midi. J’y arrive sans trop de difficultés grâce à l’obligeance d’une dame qui me voyant chercher comment y parvenir m’y dépose en voiture pour m’éviter un grand détour. Mes sandales remplacent désormais mes chaussures de trail. Il faut être à l’aise dans ses baskets.

Arrivée au canal du midi.
Arrivée au canal du midi.

Tout de suite, j’ai aimé le cours de ce large canal avec ses arbres qui permettent de rester quasiment en permanence à l’ombre. Par contre, la présence de l’autoroute non loin de là vient perturber la quiétude du lieu par un bruit de fond permanent. On ne peut pas tout avoir. Tout le long, cela va être une série d’écluses dont je vous fais découvrir un florilège.

Etape 38 – Baziège (par le canal du Midi) : 25 km (885 km)Etape 38 – Baziège (par le canal du Midi) : 25 km (885 km)Etape 38 – Baziège (par le canal du Midi) : 25 km (885 km)
Un compagnon de route...
Un compagnon de route...

Alors que j’étais en train de manger un morceau le long de la voie sur une table de pique-nique, un chien à priori abandonné est venu me voir. Quand je suis reparti, il m’a suivi. Quand il était devant, il se retournait pour savoir si je le suivais. A l’évidence, il recherchait la compagnie d’un compagnon de route. A une écluse, il alla s’assoir sur le bord comme si ma compagnie n’était plus nécessaire. Peut-être avait-il envie de faire du bateau-stop ?

Rencontre d'Abel et de Hazard.
Rencontre d'Abel et de Hazard.

C’est alors que j’ai rencontré sur un banc Abel, un jeune Catalan de 25 ans et de son chien Hazard. Le jeune homme parait exténué. Nous engageons la conversation en franco-anglais-espagnol sans oublier les gestes pour nous comprendre. Nous décidons de faire un bout de chemin ensemble. Tout mince, il doit peser tout au plus 60 kg, il porte un sac de 18 kg notamment du matériel de camping. Quant à Hazard, le tout jeune petit chien noir, il porte sur son dos sa nourriture dans une sorte de sacs en bandoulière. Un drôle d’équipage.

Le bord du canal, parfois un petit chemin.
Le bord du canal, parfois un petit chemin.

Abel est parti de Barcelone il y a plus d’un mois un peu sur un coup de tête semble-t-il. Il est passé par Andorre, Carcassonne…. Bref, il a de nombreux kilomètres à son actif. Mais, à l’évidence, il est au bout du rouleau, fatigué, ne faisant que 15 à 20 kilomètres par jour. Il tourne des vidéos qu’il me dit mettre en ligne. Je ne sais pas s’il faut donner du crédit à cela. Il me parle beaucoup de sa mère qui a l’air de s’inquiéter pour lui. Et, je la comprends car ce jeune homme ne me semblait pas bien préparé à son équipée sauvage.

Comme un petit village.
Comme un petit village.

Nous cheminons ainsi jusqu’à l’écluse d’Ayguesvives. Ne sachant pas où dormir, et ne pouvant pas se payer le gite, je lui conseille d’aller dans un camping situé non loin de là. Je sens qu’il cherche à s’accrocher à moi, mais je ne peux pas y faire grand-chose. En fait, je pense que ce garçon a besoin d’une compagnie, de parler à quelqu’un.

Une autre écluse.
Une autre écluse.

Mais, je n’ai pas comme lui de tente, et mon voyage du jour se termine à Baziège. C’est un peu le cœur serré que je le quitte, me sentant un peu responsable de ce garçon que je connais à peine et qui me semble en danger. Mais, je sais que le destin nous joue toujours des tours. Peut-être que demain nos voies se recouperont de nouveau.

Baziège est u gros village où il y a peu de commerces, même le café du village est fermé lorsque j’y arrive. Je découvre une épicerie où je m’achète un coca pas frais, les machines produisant le froid étant en panne. Drôle de pays.

Au gite des Amis de Saint-Jacques en Occitanie, un couple d’hospitaliers m’accueille. Ils sont très sympas et très ouverts. Plus tard, nous serons rejoints par Colette, une professeure belge qui reprend le chemin là où elle s’était arrêtée, c’est-à-dire ici. Nous dinons en mettant en commun ce que nous avons et l’ambiance est chaleureuse. Puis, avant de rejoindre nos chambres, nous faisons un tour pour identifier notre chemin du départ du lendemain.

A suivre. Alain dit Bourguignon la Passion.

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