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Publié par Alain Lequien

  Lorsque je me suis réveillé vers 6h00, Simon dormait comme un loir. Il n’était pas question pour moi de partir comme cela. J’ai donc passé le temps à mettre à jour le traitement des photos pour mes futures chroniques sur le web. En fait, on a été littéralement mis à la porte par la personne venue faire le nettoyage pour l’arrivée de nouveaux pèlerins. Ce qui fait que Simon dut finir de se préparer dehors. Drôle de pratique tout de même.

   Nous prenons la route le long de la nationale pour San Martin del Camino où nous prenons un petit déjeuner conséquent. L’occasion de rencontrer un Belge étonnant effectuant le Camino en courant. Sa femme avec qui nous avons parlé l’accompagne en suivant avec la voiture. C’est un grand sportif qui réalise des marathons sur piste au profit d’une association pour le don d’organes. 

À Hospital de Órbigo, trois nids de cigognes sur l’église et un très beau pont sur le Rio O Órbigo de vingt arches sur plus de 200 mètres de longueur. En son centre, deux colonnes monolithiques dont l'inscription célèbre la légende (ou une réalité devenue légendaire) ci-après.

   Un chevalier de la province de León, Don Suero, affronta en duel les étrangers qui voulaient franchir le pont. C’était pour se délier d'une promesse d'esclavage vis-à-vis de son aimée Doña Leonor pour laquelle il devait jeûner chaque jeudi et porter un lourd carcan en fer autour du cou. Il devait rompre 300 lances. Il n'y parvint pas. Les juges de la Joute le récompensèrent en le libérant de son carcan. C'est pour cette raison que le pont est connu sous le nom de Passo Honroso, le passage de l'honneur.

  Ce matin, Simon certainement très fatigué de ses quarante-huit kilomètres est bougon. Il est difficile d’établir le contact. Je sens qu’un lien est cassé après l’événement d’hier. Je respecte certes son silence, bien que de temps à autre, il me vanne pas mal. Volontairement, à plusieurs reprises, j’ai ralenti mon pas pour lui donner l’occasion de partir. À deux reprises, je lui ai dit qu’il pouvait partir devant. En vain, il m’attendit toujours. Il m’accompagnera même dans l’église paroissiale de la Trinidad à Santibañez de Valdeiglesias où j’ai pris une photo de Jacques sur un vitrail et un saint Roch pèlerin.

   Nous passons en forêt, nous arrêtant quelque temps pour faire une petite sieste. On parle de choses et d’autres, mais à l’évidence, nous ne sommes plus en connexion. Nous sommes d’accord pour faire route chacun de notre côté à la fin de cette étape et n’irons pas dans le même refuge.

   Sur le plateau, deux jeunes occupant un bâtiment offrent aux pèlerins des produits biologiques. C’est donativo.

   Nous arrivons au terme de l’étape, à Astorga. Dans une montée, nous nous disons au revoir, chacun doit suivre son chemin. Merci, Simon, pour ton aide dans les moments difficiles, mais nous ne parlons plus le même langage.

   Je me rends à l’albergue municipale, où l’on me place dans une chambre de quatre. Un couple de Français et une Irlandaise me rejoignent. Après une sieste réparatrice, je retrouve par hasard en ville Charles rencontré à Los Arcos avec Simon, et Johan le jeune Flamand bloqué à Carrión pour des problèmes digestifs.

Nous partageons un verre devant une grande télévision. Il y a un match de football entre la France et l’Espagne, et la France mène. Ils sont aussi chauvins que nous, les Espagnols… On préfère s’éloigner.

  Je vais partager sur la terrasse de la grande place le menu Pellegrino à dix euros en compagnie de trois Italiens avec qui je viens de faire connaissance.

   À 21h00, j’étais couché. Je n’ai pas eu de mal à m’endormir.

   À demain - Alain, Bourguignon la Passion.

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