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Publié par Alain Lequien

  Lors de mon lever à 7h00, les deux pèlerines allemandes ont déjà quitté le refuge. Mischa, qui m’a laissé un lit et a dormi sur son matelas à terre dans la pièce commune, est aussi levé. Bien qu’étant arrivé le dernier, il m’a laissé un lit plus confortable, un geste appréciable.

   Le temps est maussade lorsque je prends la route. Il faut rejoindre La Coquille bien nommée sur le chemin de Compostelle, puisqu’en fait, nous sommes hors du chemin.

   Il est 9h00 lorsque j’arrive. Je me dirige vers l’accueil pèlerin géré par une association jacquaire où je suis accueilli chaleureusement par l’hospitalière. Elle m’offre le café, tamponne ma crédentiale, et se propose de me réserver mon accueil à Sorges, même si j’arrive tard. C’est un geste fraternel, de cette fraternité jacquaire spécifique du Chemin.

Cela augure bien de la  journée. Elle me donne aussi une pomme pour la route.

   En quittant La Coquille, la pluie se met à tomber. De nouveau, le poncho et le passage dans des chemins détrempés. Alors que je quitte l’un d’eux, voilà  qu’arrivent à la vitesse TGV mes deux compères du matin pourtant partis plus tard. Désormais, ce sont des trombes d’eau. Pas trop le temps de discuter sur la route, nous nous quittons chacun caché sous son poncho, moi par un chemin herbeux, nos amis en passant par la route du fait de la roulotte des Misha.

Cette galère dura jusqu’à un kilomètre de Thiviers où j’arrive vers 14h00. 

   Je vais me reposer dans l’église, et en sortant, je rencontre le diacre. Il me propose de tamponner ma crédentiale et m’emmène à la sacristie. Ce diacre portugais me raconte sa vie, son pèlerinage à Fatima où il est arrivé les pieds en sang en disant à sa femme : « Maria, plus jamais cela, tu promets à Dieu ce que tu veux, mais plus de pèlerinage ». Ressourcé, je reprends la route de Sorges

par des chemins détournés, puis par l’ancienne voie Napoléon, qui fut avant cette dénomination celle de César et de nombreux pèlerins du Moyen âge. Autant dire, un chemin qui ne peut rester indifférent.

   J’arrive enfin à la Maison du Pèlerin où m’accueille Isabelle, l’hospitalière du lieu prévenue par celle de La Coquille. Les deux grands verres d’eau glacée à la menthe sont les bienvenus. Deux pèlerines infirmières françaises, originaires de Chaumont (Haute-Marne) sont présentes. Je règle mon écot (vingt euros pour la demi-pension). Nous partageons le repas du soir dans une ambiance sympathique où j’apprends le rôle de l’hospitalière.

  

Bénévole, elle est remplacée tous les quinze jours. Elle doit assurer non seulement la gestion de l’accueil, mais aussi le bien-être des pèlerins marcheurs prioritaires. Généralement c’est quelqu’un qui a fait le Chemin, le Camino, pour apporter les meilleurs conseils possible. Chez les Compagnons, on pourrait la comparer, toute chose égale par ailleurs, à la Mère.

   Quant aux infirmières, elles reviennent du Burkina Faso, où elles sont intervenues, l’une dans l’éducation, l’autre dans la santé.

Cela m’impressionne de voir autant de personnes impliquées pour des causes humanitaires, comme c’était le cas pour Gérard, vu à Solignac, qui fut ambulancier pour accompagner les personnes handicapées. On ne les met jamais assez en avant.

   Il est 22h30 quand tout le monde se couche, et le calme règne dans la maison.  

   À demain - Alain, Bourguignon la Passion.

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