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Publié par Alain Lequien

   Cette étape est volontairement plus courte pour me permettre de passer du temps à Périgueux, ville qui possède un riche passé historique. Elle va dérouler sous un soleil flamboyant, à l’exception de la première heure, un peu fraiche.

   Lever à 7h00, petit déjeuner pris en commun. Nos deux infirmières partent en premier. Cherchant la solution pour me reposer ce soir, Isabelle me trouve une famille d’accueil près de la cathédrale.    

   Je pars vers 8h30 avec comme provision de bouche du gâteau fait maison.

Très rapidement, je rejoins un petit chemin forestier, puis des petites routes au croisement desquels je découvre une ancienne grue de bois permettant de puiser de l’eau dans un puits.

   D’autres petites routes, puis des chemins forestiers très bien entretenus et d’une grande beauté. Tout ce qui permet de réfléchir sur nos conversations d’hier au soir et de leur implication sur ma vision des choses. Voilà des personnes qui s’impliquent sans rien demander, uniquement en faisant le don du cœur.

  Lors de nos réflexions communes certains soirs sur le sens à donner à sa vie, nous avons tendance à les cataloguer un peu vite comme profanes. Bien sûr, elles sont engagées religieusement, mais la façon de vivre la religion n’a plus rien à voir avec celle que j’ai vécu dans ma jeunesse, sectaire. Et surtout profiteuse de ma méconnaissance de la vie et qui, dans ma chair, m’a laissé une souffrance indélébile dont je ne peux encore me départir plus de cinquante ans plus tard. Bien sûr, certaines font partie, je n’en suis pas dupe, de fraternités religieuses intégristes. Le tout est de garder son libre arbitre.

   En chemin, peu de monde, quelques marcheurs et joggeurs. Alors que ma douleur s’est estompée au fil des jours, voilà qu’apparait une mauvaise ampoule derrière le pied droit. Après 550 kilomètres… J’ai la solution miracle, le pansement compeed. Je repars en trottinant.

   Passage à la Croix du Rat, Le Meyrat avant d’arriver à Périgueux. En route, arrêt au supermarché pour acheter des fruits, de la bière, du jus pour demain. Longue descente, passage devant l’immense hôpital, des lycées et collèges, et enfin le centre-ville. Je trouve rapidement l’adresse de Juliette et de Jean-Louis qui doivent m’accueillir dans leur appartement. Ce sera mon septième type d’hébergements après les gites communaux, les auberges de jeunesse, les gites particuliers privés, les chambres d’hôtes (à éviter autant que possible), la caravane, les gites gérés par des associations hospitalières. Juliette et Jean-Louis m’accueillent les bras ouverts.   

   Après le pot d’accueil et la douche, je vais visiter de la cathédrale Saint-Front d’une grande richesse architecturale comme le montre une maquette avec ses cinq coupoles. Et son cloitre mi-roman mi-gothique. Naturellement, il me paraissait difficile de ne pas prendre en photo une magnifique statue de saint Jacques (Limoges devrait faire un effort pour mettre en valeur le buste caché du saint placé dans le noir).

   Répondant à mon attente, le sacristain appose le sceau de la cathédrale sur ma crédentiale. En sortant, je rencontre les deux infirmières rencontrées hier soir arrivées depuis peu. Je leur indique comment obtenir le fameux sésame. Après un pot avec un ami, je visite l’ancienne cathédrale Saint-Étienne de la Cité. En fait, jusqu’au XIIe siècle, deux cités cohabitaient : le bourg de Puy-Saint-Front et la Cité. Cette dernière avait succédé à l’antique Vésone, une civita romaine. Au XIe siècle, on bâtit cette église qui comprenait aussi plusieurs coupoles dont certaines furent détruites.  

   La coupole est un envoutement très ancien utilisé par les architectes romains et byzantins, évoquant la voûte céleste. Passée la porte, c’est l’éblouissement devant leur perfection. Pour un croyant ou un symboliste, le cercle au-dessus du carré représente l’univers et la relation Ciel-Terre. Ces deux symboles fondamentaux cohabitent depuis la plus haute antiquité. Le cube rejoignant la coupole (Ciel) et le pavement (Terre) représente le passage entre les deux.

   Le couple qui me reçoit est très charmant. Juliette appelle Jean-Louis mon chéri après de très nombreuses années de mariage. J’entends Juliette chanter dans sa cuisine, d’où une bonne ambiance. Leur chat, Georges dit Jojo, fait des aller et retour. Il semble apprécier moyennement la présence des pèlerins. Il est vrai qu’il est le seul enfant de la maison.

   Juliette a profité d’une machine pour laver mes chaussettes, mon tee-shirt et mon pantacourt. Après un bon diner pris sur la terrasse donnant sur une grande place animée, Juliette m’emmène visiter les vestiges romains de la ville : tour, arènes, restes d’une villa romaine dans un musée conçu par Nouvel. La Tour de Vésone est le vestige d'un temple gallo-romain consacré à Vesunna, la déesse tutélaire des Pétrucores. Le sanctuaire fut édifié au 1er ou second siècle de notre ère. Il faudra que l’on revienne.

   Après une infusion, c’est l’heure d’aller dormir.

   À demain - Alain, Bourguignon la Passion.

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