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Publié par Alain Lequien

  10h00, je prends la route. Le temps est frais et pluvieux. Christophe est parti vers 7h30 pour aller à minima jusqu’à Sauveterre, peut-être plus loin. Il est possible que l’on se croise de nouveau, allez savoir ! Michelle, qui s’occupe de l’entretien des locaux, est arrivée vers 9h00. Nous avons échangé sur Orthez, les pèlerins, la vie.

   En quittant la cité par le vieux pont, je tombe sur la pharmacie. Je fais l’acquisition de la crème Nok contre les frottements, citée la veille par Jacques ainsi que des semelles en Sorbothane anti-fatigue. Après presque 900 km, mes pieds fatiguent. Il faut s’en occuper.

   Direction Sainte-Suzanne. Le temps s’est éclairci, le chemin dans les bois est agréable. Comme la veille à Sallespisse, je découvre un jardin d’arbres fruitiers à destination des pèlerins. La visite de l’église me fait découvrir un magnifique vitrail représentant saint Jacques.

   Direction de Lanneplaà où après avoir essuyé une belle averse, je déjeune (œuf dur, grison avec pain, banane). À la sortie, de nouveau un jardin pèlerin où je peux manger une petite pomme acre et bien juteuse.

   Je continue mon chemin par une alternance de montées et de descentes assez raides sur des routes vicinales vides ou des chemins herbeux. De nouveau une grosse averse. Après bien des détours, j’arrive à l’Hôpital d’Orion avec sa belle statue de bois de saint Jacques dans un pré.

   L’église Sainte Madeleine fut construite près de l’hôpital construit au XIe siècle par les moines à destination des pauvres et nécessiteux. L’hôpital disparu fut un lieu historique. Le 1er août 1391, après une chasse à l’ours harassante dans le bois de Sauveterre, le comte de Foix, Gaston Phébus âgé de 60 ans, vint se reposer dans le lieu prévu pour le recevoir. Jehan Froissart, dans ses Chroniques, nous conte la manière dont il décéda d'une attaque d'apoplexie au cours d'une chasse à l'ours.  

  « … Il est vrai que parmi tous les plaisirs de ce monde il aimait souverainement le divertissement des chiens, car il en avait toujours à sa disposition plus de 1600. Le comte de Foix dont je parle était en Béarn dans la région d'Orthez ; il était allé s'amuser, s'ébattre et chasser dans les bois de Sauveterre sur le chemin de Pampelune en Navarre, et avait, le jour où il trépassa, chassé un ours toute la matinée jusqu'en plein cœur de l'après-midi et cet ours fut pris… »

   Reprise du parcours et passage de nouveau près d’un jardin des pèlerins sans fruit cette fois. Le parcours est vallonné avec une alternance de chemins de terre et de petites routes. Le long du chemin, les bornes jacquaires marquent le terrain.

   Arrivant à Andrein, je découvre la petite pancarte d’un habitant invitant le pèlerin à venir boire un café. Ayant entendu du bruit, je m'y dirige. J’aperçois deux couples avec un enfant utilisant la piscine.

Une jeune femme me dit que c’est la maison de ses parents et qu’ils sont absents. Elle m’invite néanmoins à boire du coca.

   Reprenant la route vers Sauveterre-de-Béarn, après de nouveau un jardin pèlerin, j’aperçois un troupeau de biches dans un champ. Je pense à un élevage.

   De loin, la splendeur des remparts et de l’église de Sauveterre s’inscrit en fond du ciel bleu. À leurs  pieds coule le gave d’Oléron où se baignent de nombreuses familles. La montée des nombreuses marches de l’escalier vers la vieille ville est un peu difficile, mais bon, je suis arrivé. Après la visite de l’église, dont la décoration colorée du cœur est magnifique, je téléphone à mon hospitalier, Pascal, qui vient me chercher pour m’amener à Osserain-Rivareyte.  

Après une bonne bière, je prends possession de ma chambre. Douche, lavage du linge du jour, un peu de repos, voilà les actions classiques de l’arrivée du pèlerin. Lorsque je descends pour le diner, je fais la connaissance d’une pèlerine polonaise se déplaçant à vélo. Joanna est venue de son pays en une douzaine d’étapes, roulant quasiment cent kilomètres par jour. Son étape précédente était Lourdes. Elle ira demain à Bayonne pour suivre la voie du Nord vers Santiago.

   Vers 22h00, je me couche, exténué, les deux jambes gonflées.

   Je suis pris de doutes. Vais-je tenir ? Là est la question. Je n’ai fait que la moitié du Chemin. 

   À demain - Alain, Bourguignon la Passion.  

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