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Publié par Alain Lequien dit Bourguignon La Passion

Il fait frais ce matin, environ treize degrés. En traversant Arevalo, tout est calme, aucun bar ouvert pour prendre mon desayuno. Quelques voitures passent. Je pense que les conductrices et conducteurs se rendent à leur travail.  
En lisant hier soir le document remis par l'office du tourisme, je me suis aperçu qu'Arevalo avait abrité de grands personnages. Pour exemple, ayant lu et apprécié le Zohar, le Livre de la Splendeur de la Kaballe, j'ai appris que son auteur, Moshe de Léon y était décédé en 1305. Autre exemple, saint Ignace de Loyola, le fondateur de la Compagnie de Jésus appelée couramment Jésuites, y a vécu entre quinze et vingt-six ans alors qu'il était page à la cour du roi d'Aragon, Ferdinand le Catholique. C'était avant sa conversion. 

Arevalo -la sortie vers le pont de Médina.
Arevalo -la sortie vers le pont de Médina.

Arevalo -la sortie vers le pont de Médina.

Traversée du grand pont de Médina avec en début une arche dont je ne connais pas la signification. Puis, du pôle industriel avant de longer l'autoroute à bonne distance sur une route agricole. Ces routes sont peu larges, à vitesse limitée et surtout utilisées par des véhicules agricoles. D'où le nom je pense. Autour de moi, encore et toujours des pins.  
Au bout de quelques kilomètres, je quitte l'asphalte pour un petit chemin de terre qui m'amène à Palacios de Goda, un petit village encore endormi. Au milieu, trône une sculpture métallique représentant une vache. Le bar est encore fermé. Je fais halte devant le cimetière pour manger un morceau. J'en profite pour dire aux néophytes du Chemin que le cimetière est souvent un lieu où l'on peut se ravitailler en eau. Au moins, pour se rafraîchir. 

Sur le chemin.
Sur le chemin.
Sur le chemin.

Sur le chemin.

Maintenant, c'est un long chemin blanc qui traverse des champs de céréales comme on le connaît si bien. Le soleil a fait son apparition et semble dire : " Eh, mec, je suis là. " Comme l'endroit est venteux, les dards de monsieur Sol sont peu perceptibles. Et puis, après une petite côte, c'est la vision des ruines d'un village envahies par la nature qui a repris ses droits. Pourquoi ?
Le chemin se poursuit, je m'arrête sur le bord pour laisser passer un tracteur tirant une machine. Le conducteur me fait un bonjour de la main. C'est une bonne pratique de s'arrêter car, d'une part il est normal de laisser la priorité à ceux qui travaillent, et d'autre part par mesure de sécurité pour éviter les accidents. 

Couleur des champs et village en ruines.
Couleur des champs et village en ruines.
Couleur des champs et village en ruines.

Couleur des champs et village en ruines.

Au loin, la cité d'Ataquines apparaît. J'ai alors ce questionnement : arrêt même si je ne suis pas fatigué ou continuation vers Médina del Campo au risque d'arriver fatigué aux alentours de quinze heures ? Je décide que tout dépendra du coût de l'hébergement sachant qu'il n'y a pas d'albergue. Ce village est en dehors du chemin. 
J'évite l'hostal situé à l'entrée de l'autoroute sachant que, par expérience, je dépasserais mon budget. Ah, le radin... Je prends la passerelle qui passe sur l'autoroute et trouve une pension faisant bar et restaurant. Allons boire un verre, on verra bien. Je demande le prix. Il est très raisonnable, à peine plus cher que certains albergues. J'y prends une chambre. 

Borne -il resterait 467 kilomètres pour Santiago - de l'espoir.
Borne -il resterait 467 kilomètres pour Santiago - de l'espoir.
Borne -il resterait 467 kilomètres pour Santiago - de l'espoir.

Borne -il resterait 467 kilomètres pour Santiago - de l'espoir.

À peine allongé, je m'endors comme une souche. Ce n'est que deux heures plus tard que j'emerge à cause de la sensation de froid. C'est donc bien à propos que je me suis arrêté ici, j'ai peut-être besoin de plus de récupération que je le crois. Ma bonne étoile veille sur moi. Je prends une bonne douche bien chaude. Vers quinze heures (les Espagnols mangent tard), je vais prendre le repas del dia proposé à neuf euros. Neuf euros pour deux plats, dessert, bouteille d'eau d'un litre et demi (j'ai monté la bouteille dans la chambre), café. 
J'ai passé le reste de la journée à écrire et à faire un petit tour dans la petite cité. 
Demain, l'étape est de même distance. La cité de vingt milles habitants apparaît riche selon le document en ma possession. Je devrais coucher dans l'annexe du couvent de Carmélites.   
À suivre. Alain dit Bourguignon la Passion.

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AmiGilbertAhuy 24/07/2016 12:12

C'est bien vrai qu'on en apprend des choses le long de ces longs chemins à pied, si l'on est assez observateur et curieux à la fois ! C'est d'ailleurs très triste de voir certains pèlerins sur ces caminos, qui font les étapes la tête baissée, en courant après les horaires, et en ne s'intéressant à rien ! Il y en a, on en voit régulièrement ! Il y a tant de choses à découvrir ça et là, au hasard du chemin, chaque jour, chaque étape... des prospectus que l'on trouve facilement dans les Offices de Tourisme, dans des Bars et Commerces...des écomusées etc...des journaux locaux même ! Et en prenant son temps... on arrive à un grand enrichissement personnel !
Gilbert

Jacques 11/09/2016 14:40

C est dans l ombre se soi même que l'on fait les plus belles rencontres dit J Salomé
Cest pour cela que des gens regardent leur ombre